Marguerite Donnadieu dite Duras...

Pénétrer l'univers de Marguerite Duras, c'est parcourir les forêts du Vietnam, les longues terres écartelées par le Mékong, longer ses affluents, la boue des rizières, atteindre "l'eau mortelle du Gange" …ou la plage des Roches Noires de Trouville.

Mais la région de Duras, en Lot-et-Garonne, est, elle aussi, terre d'écriture et source de création.

Dès 1943, Marguerite témoigne de son attachement à la terre paternelle, en choisissant comme pseudonyme le nom de Duras, pour son premier roman Les impudents. Le cadre de ce récit se situe dans la région. On retrouve la propriété du père, les paysages du Lot-et-Garonne, la rivière Le Dropt. De même dans La vie tranquille (1944), le domaine des Bugues, nous ramène à platier, aux souvenirs de ce monde rural, aux impressions d'enfance.

Marguerite Duras reviendra à Platier en 1965 avec Jeanick Ducot, un ami, peintre et photographe, le temps d'y faire une visite et quelques photos.
A la fin de sa vie, elle demandera à Yann Andréa, son compagnon, de la ramener, sur la tombe de son père et dans la maison où celui-ci était mort. Craignant qu'elle ne supporte le voyage, Yann refusera.

En 1997, est née L'association Marguerite Duras issue de la rencontre et du travail de quelques habitants et de spécialistes de l'œuvre de MD (biographes, universitaires, auteurs…).

L'association a pour but de faire connaître les liens de Marguerite Duras avec le Lot-et-Garonne, de poursuivre les recherches sur la vie de l'auteur dans la région pour les mettre à disposition de tout public. Elle s'applique aussi à approfondir et transmettre l'œuvre (roman, théâtre, cinéma) et espère pouvoir partager l'espace infini de la langue, de la parole de l'auteur.

Un auteur, une terre d'écriture

Marguerite Duras Parle de L'entre deux Mers...

 

Si l'auteur de L'amant est né en Indochine le 04 avril 1914, son père Henri Donnadieu était originaire de Villeneuve sur Lot, en Lot-et-Garonne, ainsi que ses grands-parents et arrière-grands-parents.

En 1921, Henri Donnadieu quittera l'Indochine, sa femme et ses enfants et rentrera en France pour soigner une dysenterie amibienne. Il décèdera dans sa maison de Platier, commune de Pardaillan, achetée peu de temps avant.Il sera inhumé à Lévignac de Guyenne, près de Duras. 
De 1922 à 1924, Marie Legrand Donnadieu séjournera à Platier avec sa fille Marguerite et ses deux fils Pierre et Paul. Elle encouragera la relation d'amitié entre sa fille et une petite voisine Yvette Amelin. Yvette Amelin, née en 1924 et demeurant encore dans la région, se souvient très bien de cette période de son enfance.